Série de trois pièces de10x15cm
2009
Collection Particulière
- Le buste tassé, le visage coupé ; difficile de se conformer à l'espace.
- Prendre appui sur les bords de la toile : un repère.
- Cette main tendue, doigts déployés comme une aile.
- Ces jambes ballantes : le perchoir.
- Ces deux mains qui se cherchent, s'appellent : contact impossible, la déliaison du tactile.











La flottaison, une ligne, une infime surface : là où ça tient un peu. L'inertie comme solution pour (se) main-tenir à flot.
Le fait d'utiliser plusieurs figures permet de jouer sur cet incertain -qui porte-qui soutient-qui est porté- qui est soutenu-.J'aime travailler sur cette indécision : toujours ce jeu de liens inextricables et indiscernables.
Miniature ou échelle un, c'est jouer avec le regard, jouer avec le déplacement. Le grand impose, le réduit s'impose.
La miniature impose l'approche, l'attention. Au dessus de l'échelle un, la taille impose le retrait pour englober l'image, l'avancée pour capter le peindre, les strates de matière et couleur. Le spectateur est mené dans un jeu de déplacement, « une chorégraphie ». Mais lui seul décide d'entrer ou de refuser cette danse du regard.

Par extension, après TROPHÉES, KÁRA, poursuivre cette atteinte faite au visage, cet « encapuchonnement » en travaillant le visage voilé.

Travailler sur la combinaison recouvrant la face, cette combinaison présente là pour couper l'humanité commune aux visages à travers l'échange du regard. Couper le lien.
« ..., donc le voile, comme si le sort de l'humanité allait encore dépendre aujourd'hui de qui détient le pouvoir sur les femmes quant au voile. Et je ne parle pas d'une interprétation abusive du Coran. Saint Paul n'y fut pas pour rien... » Jacques Derrida dans Voiles Hélène Cixous, Jacques Derrida.
« la tête de tout homme, c'est messie ; /la tête de la femme, c'est l'homme.../ Toute femme qui prie ou transmet son inspiration la tête découverte/ déshonore sa tête, oui, comme si elle était rasée.../Car l'homme n'a pas été tiré de la femme, / mais la femme vient de l'homme. /L'homme n'a pas été créé pour la femme, / mais la femme pour l'homme. / Aussi la femme doit avoir sur la tête un pouvoir [un insigne du pouvoir, un signe d'autorité, potestatem, exousian], / à cause des messagers » L'Épître aux Corinthiens Saint Paul citée et commentée par Jacques Derrida.
Hélène Cixous, Jacques Derrida Voiles.

« Un masque est un visage qui cachemontre, un masque moque. Un masque en dit longs, c'est-à-dire, trop long, pas assez long et rien du tout. Un tas d'êtres en entrelacement se tapit dans le masque. » Hélène Cixous Ciguë
Au sujet de la peinture et non plus de l'image.
