EN ABÎME
Huile sur toile 100x81 cm
2012
Enchevêtrements de corps liés deux à deux par la circulation des mains.
Circulation factice, contredite par l’absence d’échange de regards.
Regards soustraits, paupières closes.
Un seul regard,là pour ouvrir la toile, sortir, diriger hors du cadre.
Là pour happer, embarquer le regardeur dans cette même histoire de solitude dans le multiple.
EN ABÎME
Détail
EN ABÎME
Détail
EN ABÎME
Détail
EN ABÎME
Détail
EN ABÎME
Détail
EN ABÎME
Détail
Le froid inflige une limitation des mouvements, de l’espace autour du corps.
Dans le rétréci dû au froid, je suis revenue à la broderie et à un essai graphique à partir de textes.
Carnet/ Broderie puisque Texte et Tissu, ces deux mots procèdent de la même notion, de ce même déploiement de l’idée : tisser, tramer.
Travail sur le mot plié, déplié, repris incessamment qui dit les «ombres ennemies» : insuffisance-impossibilité-accablement...
Sur un pauvre carnet 13x8 cm trouvé dans un grenier.
Une variation sur/utilisant les mots des autres (Dickinson/Pessoa/Bergounioux), peu de mots mais travaillés/retravaillés infiniment.
Quelques phrases et poèmes récoltés, assemblés dans un vieux carnet déstructuré et reconstruit.
Jeu/variation utilisant l’écriture (manuscrite/tampon/impression/estampage) avec un travail de mise en page (rajout,superposition par couture/collage) et sur les papiers.
Là reviennent la broderie, le ressassement.
Sur des morceaux de tissu de récupération, je joue avec les mots Jour et Bourdon, à la fois sur leurs références à la broderie et au quotidien.
Le jour est cet espace de vide créé par la brodeuse en tirant des fils de trame et en rassemblant les fils de chaîne en faisceaux.
Le point de Bourdon : un point qui ne fait qu’un retour infini sur lui-même et utilisé pour les chiffres sur les draps. Ce point comme un repli.
Broderie sur serviette de table aux jours inachevés.
(les jours à gauche ont été réalisés, tandis qu'horizontalement, seuls les fils ont été tirés.)
35x35 cm
Broderie sur serviettes de table aux jours (concrètement) inachevés, ne présentant parfois que les fils tirés.
Broderie au point de Bourdon
35x15 cm
Brodrerie sur morceau de drap
42x23 cm
Collection particulière
Broderie sur drap utilisant les apports de la brodeuse anonyme, les accidents dus au temps, ainsi que la déconstruction de l'ourlet.
Travailler dans l’ordinaire du jour : «l’ouverture infinie du fini». Deleuze
« Les Ourlets (les noeuds et coutures étant des dépendances du pli) ». Deleuze
«Les queules sont d’anciennes haies tressées, le plus souvent avec des pousses de hêtres.Devenues des arbres et recouvertes d’une mousse d’un vert soutenu, elles ont acquis en vieillissant des formes extraordinaires qui leur viennent de leurs anciennes ligatures : énormes sculptures dans lesquelles la croissance végétale, à la fois contrainte et enivrée, a produit torsions, enlacements et tressages distendus.....elles y introduisent comme de parfaits fantômes.»
Jean-Christophe Bailly Le Dépaysement
Litanie enchevêtrée, embrassée de quarante-cinq figures avec leur pesanteur, leur densité corporelle.
LES QUEULES
Graphite sur papier
260x14cm
Dans carnet Moleskine® format japonais
2012
Présentation
Format japonais
L'épaisseur du carnet
Trogne : La trogne est un arbre dont on exploite durablement les branches ou les rameaux feuillés.
Arbres taillés périodiquement, les trognes fournissent régulièrement du bois (de chauffe), du fourrage pour les animaux...
Après des coupes répétées la formation de cavités de bourrelets cicatriciels donne à l’arbre de drôle de formes.
LES TROGNES
Huile sur toile 100x81 cm
2012
J’ai toujours eu un faible pour les arbres.
Un grand faible pour cette solitude immuable, étale.
Depuis l’écoute d’une émission sur les trognes, j’ai dans la tête l’image de ces étranges arbres réduits à leur forme essentielle de tronc, depuis des années,.
Pourquoi cette image a-t-elle ressurgi ? Impossible à dire, simple analogie entre les figures dessinées sur le carnet et cette image enfouie, peut-être.
L’arbre se tord, lutte, porte cette lutte dans la forme de son tronc.
Cavités, boursoufflures...
Ils se mettent à ressembler aux arbres terrorisants de la forêt magique de Blanche-Neige.
De la même façon, les figures de la toile ont leurs membres entrelacés et les corps réduits à des troncs formant cavités.
Une présence rentrée, chaque corps comme un «pli cicatriciel».
Trop atteint, repliés sur lui-même.
LES TROGNES
Détail
LES TROGNES
Détail
LES TROGNES
Détail
LES TROGNES
Détail
LES TROGNES
Détail
Sur son site de l'Artothèque Idéograf, Isabelle Bernard diffuse des interviews de plasticiens.
Isabelle m'a demandé de répondre à ses questions, vous pouvez en lire le résultat ici : http://www.artotheque-ideograf.com/interviews.html